12/10/2022

MANGER DU SENS

L'AGRITECH, TERREAU FERTILE D'UNE AGRICULTURE A IMPACT POSITIF

Par Maddyness en partenariat avec BNP PARIBAS
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Nourrir des milliards d’individus tout en répondant aux défis environnementaux et sociaux qui s’imposent à l’humanité. Telle est l’équation à laquelle de nombreux acteurs cogitent pour développer des solutions à impact neutre voire positif. Un champ des possibles de plus en plus investi par la tech. 

Les agriculteurs sont au cœur des plus grands enjeux du 21e siècle : dérèglement climatique, souveraineté alimentaire, raréfaction des ressources naturelles, énergies renouvelables…

« L’agriculture correspond, à elle seule, à 12 des 17 objectifs de développement durable définis par les Nations unies, rappelle Florian Breton, fondateur et CEO de Miimosa, première plateforme de financement dédiée à la transition agricole et à l’alimentation. Son ambition : accélérer la création ou le développement des projets à impact positif d’agriculteurs ou d’entrepreneurs. Un an plus tard, il cofonde la Ferme digitale, une association qui « fait la promotion de l’innovation et du numérique pour une agriculture performante, durable et citoyenne ». Face aux exigences à venir, les jeunes pousses de l’AgriTech participent plus que jamais à cette transition agricole et alimentaire.

Tech et monde agricole : une « culture » en germe 

Produit connecté pour réduire l’usage des intrants de synthèse dans les champs, robot auto-porteur pour optimiser la production et diminuer la pénibilité du travail des maraîchers, solution pour mesurer le carbone stocké dans le sol mais aussi le développement d’alternatives alimentaires plus soutenables… De la fourche à la fourchette, les technologies de rupture foisonnent, s’appuyant sur le big data, la robotisation, le bio-contrôle et les bio-pesticides notamment.

« L’AgriTech compte 250 startups, ce qui est peu compte tenu des enjeux, déplore Florian Breton. La France a pris du retard mais une dynamique est lancée. Et les financements se multiplient. » Signe des temps, Hectar, vaste campus agricole créé en Ile-de-France par l’homme d’affaires Xavier Niel, a pour mission de favoriser l’agriculture régénératrice et l’alimentation durable, et d’accompagner depuis le début de l’année, une dizaine de startups. L’objectif : développer 80 startups en deux ans dans les domaines de l’AgriTech (IA, robotique, équipement), la FoodTech, l’agriculture régénératrice et le Future Farming. Un accélérateur co-conçu avec HEC Paris et qui s’appuie sur une multitude de partenaires (Naturalia, Parfums Christian Dior, BNPP Act for impact, etc.)

Les lieux s’organisent également autour d’une ferme pilote et d’un site de formations pour les « entrepreneurs agricoles ». « La dimension Impact y est omniprésente », assure Francis Nappez, directeur d’Hectar. D’abord du côté de l’incubateur où l’on plébiscite des « innovations orientées solutions ». « Les startups incubées passent toutes par des ateliers pour identifier au mieux leur impact environnemental mais aussi social, poursuit le directeur d’Hectar. Nous sommes épaulés dans ce travail notamment par l’association MakeSense. »

Durabilité des pratiques agricoles… et de la profession

« Le secteur agricole vit une transition multiple, souligne Florian Breton en charge du Pôle Impact au sein de la Ferme digitale. Elle est économique et écologique mais aussi sociale. » Car il n’y a pas que les sols qui doivent être régénérés… Les générations d’agriculteurs aussi. « Nous allons perdre la moitié de nos agriculteurs dans les dix ans qui viennent, indique Francis Nappez. Le renouvellement de la profession est un enjeu capital. Comment parler de souveraineté alimentaire si le vivier des agriculteurs est épuisé ? Aujourd’hui, près de 50 % des projets d’installations sont portés par des personnes qui ne sont pas issues du milieu agricole. »

Des profils mus par une vision vertueuse de leur travail « mais qui ne suffit pas à créer des entreprises qui durent, précise le directeur d’Hectar. Or, il est essentiel de pérenniser ces installations. Nous proposons des formations qui complètent les cursus existants pour les accompagner sur ce volet entrepreneurial. Il ne s’agit pas uniquement de finance mais de l’ambition et de la vision pour leur entreprise agricole. »

Pour Florian Breton, il ne fait aucun doute que « les agriculteurs de demain seront des chefs d’entreprises multi-casquettes qui produiront des énergies renouvelables, feront de la transformation, du commerce, stockeront du carbone, produiront de la biodiversité et seront payés pour tout cela. »

Des solutions à valeur sociale

La pérennité des exploitations tient aussi aux conditions de travail. « Les néo-agriculteurs sont prêts à des sacrifices mais pas celui de travailler 7 jours/7 sans vie de famille, témoigne Francis Nappez. Là aussi, l’AgriTech s’empare du sujet. À l’image de la startup Aptimizz qui propose des outils pour mesurer et optimiser le temps de travail des agriculteurs par exemple. « Mais elles sont encore peu nombreuses sur ces volets à valeur sociale, estime-t-il. Des modèles sont à repenser, à inventer pour mieux prendre en compte la pénibilité, la charge mentale des agriculteurs, estime Francis Nappez.

À travers sa ferme pilote, Hectar travaille sur des modèles d’organisation “ pensés pour être reproductibles, pour que les lignes bougent sur d’autres territoires qu’en Ile-de-France. » Des lignes qui doivent aussi bouger sur toute la chaîne, notamment du côté de l’agroalimentaire. « Si l’agriculteur produit de manière vertueuse mais que les outils industriels de transformation ne suivent pas, la production n’aura pas de valeur, souligne Francis Nappez. Mais l’agroalimentaire est partie prenante dans les réflexions menées. Avec Danone par exemple, nous avons imaginé une laiterie possible selon une équation qui stipule que l’éleveur peut produire de manière vertueuse dans le respect de son temps de travail et en travaillant sur le pourcentage transformable pour produire à différents moments et ne pas être dépendant d’un seul acheteur. »

Bertrand Varliogue, professeur de stratégie et gouvernance des entreprises à l’EM Lyon, va encore plus loin et propose d’ouvrir le système de l’entreprise à mission au monde agricole. « L’objectif d’une agriculture nourricière et réparatrice passe par des évolutions institutionnelles et juridiques afin de faciliter et accélérer son déploiement : le statut d’entreprise agricole « à mission » peut à cet égard constituer un outil puissant », expose-t-il dans un récent article. Parce qu’il pourra « contribuer à redéfinir les identités professionnelles en véhiculant un nouvel imaginaire et un futur désirable pour la profession agricole » tout en répondant au double défi de « nourrir les humains et réparer le système Terre ». En somme, il s’agit de considérer l’agriculture non pas comme un problème, mais bien une solution.

AgriTech : un milliard d’euros investis en 2021

Selon le rapport FrenchAgriTech, la France se place dans le Top 6 mondial en termes d’investissements dans l’AgriTech avec plus de 650 millions d’euros investis en 2020 et près d’un milliard d’euros (une première !) en 2021. 50 levées de fonds de plus d’un million d’euros ont été réalisées tous les ans, de 2018 à 2021. À l’image de la startup Jungle et son modèle de ferme verticale (42 millions d’euros en mars 2021) ou encore les Bretons de Gaïago qui conçoivent des solutions contre la dégradation des sols agricoles (13 millions d’euros en juillet 2021).

Malgré des chiffres records, l’AgriTech ne représente que 6 % des fonds levés par les startups françaises au cours des six dernières années.

Source : https://www.maddyness.com/2022/07/29/agritech-agriculture-impact-positif%e2%80%af/

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