Début septembre, une vague de chaleur s’abattait sur la France entraînant la mort de plus de 5 000 personnes, selon les chiffres publiés jeudi 8 février par Santé publique France. Cet événement climatique extrême avait surpris une large partie du pays en raison de son intensité et de son caractère tardif. Passée au crible par des chercheurs européens issus du consortium XAIDA (pour eXtreme events : Artificial Intelligence for Detection and Attribution), cette canicule tardive a été identifiée “comme un évènement largement unique, dont les caractéristiques peuvent être principalement attribuées au changement climatique provoqué par l’Homme”.
Or cet événement climatique extrême n’est pas le seul à avoir marqué l’année 2023. Des inondations meurtrières provoquées par le passage du medicane Daniel en Libye, aux pluies torrentielles dans les Cévennes en passant par la tempête Ciaran qui a déferlé sur la côte atlantique… combien sont attribuables aujourd’hui au changement climatique d’origine anthropique, et non à la variabilité naturelle du climat ? C’est pour répondre à cette question que ce consortium de scientifiques a développé “ClimaMeter”, un nouvel outil d’analyse alliant la puissance de l’intelligence artificielle aux données sur le climat passé (1979-2000) et présent (2001-2022).
La science de l’attribution, une avancée dans la recherche sur le climat
Cette nouvelle méthode d’analyse rentre dans ce que l’on appelle aujourd’hui la “science de l’attribution”. Née en Europe après la canicule de 2003 et popularisée par le World Weather Attribution, cette discipline scientifique permet d’établir une corrélation entre la crise climatique et un événement météorologique extrême.
“Nous cherchons dans le passé des événements similaires à celui que nous analysons, et nous comparons ensuite les mécanismes atmosphériques qui ont abouti à ces phénomènes pour identifier les différences attribuables au changement climatique ou à la variabilité naturelle du climat”, explique auprès de Novethic Davide Faranda, climatologue, directeur de recherches au CNRS et membre du consortium XAIDA.
Au total, 26 événements climatiques extrêmes ont été répertoriés en 2023 et analysés par cette équipe de recherche, via ClimaMeter. “Et dans 23 cas, nous avons mis au jour un lien plus ou moins marqué avec le réchauffement climatique d’origine humaine”, souligne Davide Faranda. “On ne savait pas à quoi s’attendre, mais on a été réellement surpris en fin d’année de constater qu’autant d’événements climatiques extrêmes étaient attribuables au changement climatique”, reconnaît-il.
Un atout pour penser l’adaptation
Parmi les derniers événements climatiques analysés par ClimaMater, il y a notamment les inondations dans le Pas-de-Calais en novembre dernier. Le résultat : “nos analyses ont montré que le changement climatique a considérablement augmenté la quantité de pluie tombée”, commente le chercheur.
Mais une fois le constat établi, que faire de cette analyse ? Pour Davide Faranda, “identifier clairement si tel ou tel événement est lié au changement climatique permet de prendre conscience, de faciliter la communication avec le public mais surtout avec les décideurs”. “Tous ces événements météorologiques montrant à quel point nous ne sommes pas préparés à ces risques. L’adaptation est aujourd’hui une priorité”, renchérit le chercheur. L’analyse de ces phénomènes extrêmes devrait en effet aider à anticiper et à s’adapter efficacement en identifiant les zones qui seront les plus touchées. Des propos qui font échos à ceux tenus fin janvier par le ministre de Transition écologique Christophe Béchu qui a promis de faire de “2024, l’année de l’adaptation“
Source : https://www.novethic.fr/environnement/climat/tempetes-inondations-secheresses-en-2023-plus-de-3-phenomenes-climatiques-extremes-sur-4-sont-attribues-au-changement-climatique?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=pollueurs-eternels-fronde-ecolo-ag-du-futur-le-recap-du-13-fevrier-149